Recevoir une notification de suspension du permis de conduire après une infraction routière représente un moment d’inquiétude majeure pour tout conducteur. Entre le retrait immédiat du permis et la convocation judiciaire, les délais peuvent sembler interminables, alimentant des interrogations légitimes sur la durée réelle de cette période, les droits du conducteur et les démarches à anticiper. Comprendre le calendrier de cette procédure administrative et judiciaire permet de se projeter avec plus de clarté et de préparer les étapes cruciales qui émailleront ce parcours complexe.
La suspension administrative du permis : une mesure immédiate dont la durée varie selon l’infraction
Lorsqu’un conducteur commet une infraction routière grave, telle qu’un grand excès de vitesse dépassant la limite de 40 kilomètres à l’heure ou un taux d’alcoolémie supérieur à la limite légale, l’officier qui procède à l’interception peut immédiatement retirer le permis de conduire. Cette action s’accompagne d’un avis de rétention, décision initiale qui ouvre une période critique de 72 ou 120 heures selon la nature de l’infraction commise.
Durant cette fenêtre de rétention, le préfet du département exerce un pouvoir décisionnel fondamental : celui d’officialiser une suspension administrative du permis de conduire. Cette décision s’appuie sur un barème préfectoral établi par arrêté, qui corrèle chaque type d’infraction, chaque niveau de vitesse excessive, chaque taux d’alcoolémie à un nombre précis de mois de suspension. Un excès de vitesse entre 40 et 50 kilomètres à l’heure peut justifier une suspension de deux à trois mois, tandis qu’un dépassement plus important ou un taux d’alcoolémie détecté peut entraîner une suspension comprise entre quatre et six mois.
Ce mécanisme administratif garantit une réaction rapide de l’administration à l’infraction commise, indépendamment de tout jugement. L’objectif demeure la sécurité collective : empêcher un conducteur à risque de reprendre immédiatement le volant sans évaluation préalable de son aptitude à conduire en toute sécurité.

Distinction entre rétention et suspension : comprendre les deux étapes du processus
Une confusion fréquente subsiste entre la rétention et la suspension du permis de conduire. La rétention constitue la mesure immédiate d’une durée maximale de 72 ou 120 heures, délivrée directement par l’agent des forces de l’ordre. Durant cette période, le conducteur se voit privé de circuler, mais il existe une possibilité théorique que la rétention soit levée si le préfet juge qu’elle n’est pas justifiée.
La suspension administrative, à l’inverse, revêt un caractère définitif durant sa période. Le préfet statue par arrêté une durée de suspension qui commence généralement à partir du jour de la rétention ou du jour du jugement administratif. Cette suspension s’impose au conducteur ; aucune exception n’est admise durant cette période, sauf en cas de recours hiérarchique ou contentieux exceptionnels.
Un élément essentiel à retenir : cette suspension administrative demeure indépendante de toute procédure judiciaire. Elle est une réponse purement administrative à l’infraction, tandis que le tribunal, lui, statuera ultérieurement sur les aspects pénaux et pourra éventuellement imposer une suspension judiciaire complémentaire.
Les délais de convocation au tribunal : une attente souvent plus longue que prévue
Après la mise en place de la suspension administrative, l’inquiétude naturelle du conducteur porte sur la date de sa convocation judiciaire. C’est ici que les délais deviennent véritablement imprévisibles. En moyenne, le délai entre la commission de l’infraction et la convocation au tribunal s’étend entre six et dix-huit mois, voire parfois jusqu’à deux années dans les contextes où l’enquête s’avère particulièrement complexe.
Pour mieux saisir cette réalité, considérons le cas de Monsieur D., arrêté pour un dépassement de vitesse de 52 kilomètres à l’heure. En janvier 2025, son permis a été retiré sur place. Le préfet a prononcé une suspension administrative de quatre mois. Bien que sa suspension administrative se soit terminée en avril 2025 après la visite médicale et les tests psychotechniques obligatoires, Monsieur D. n’a reçu sa convocation au tribunal correctionnel qu’en septembre 2025, soit cinq mois après la fin de sa suspension administrative. À titre comparatif, les infractions mineures peuvent voir une convocation intervenir sous forme d’ordonnance pénale directement notifiée au domicile, sans comparution obligatoire.
Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs structurels dont le plus visible reste l’encombrement général des tribunaux en 2026. Les audiences correctionnelles doivent traiter un volume considérable de dossiers, depuis les affaires routières jusqu’aux différents contentieux pénaux.
Pourquoi les tribunaux accusent-ils du retard dans les convocations ?
La surcharge des tribunaux constitue la cause principale du délai prolongé entre la suspension administrative et la convocation judiciaire. Chaque tribunal correctionnel traite régulièrement plusieurs centaines de dossiers par année. Les audiences s’enchaînent selon un calendrier strict, et l’insertion d’une nouvelle affaire dans ce calendrier peut nécessiter plusieurs mois d’attente.
Au-delà du simple encombrement, certaines infractions requièrent des investigations complémentaires substantielles. Prenons l’exemple d’une conduite suspectée après usage de stupéfiants : le laboratoire doit analyser les prélèvements biologiques, ce processus peut s’étendre sur plusieurs semaines. L’audition du conducteur n’intervient souvent qu’à réception des résultats positifs. Ensuite, les enquêteurs interrogent le conducteur sur ses habitudes de consommation, les circonstances de la conduite, éventuellement les sources d’approvisionnement. Ce protocole ajoute des semaines, sinon des mois, au traitement global du dossier.
Dans le cas des blessures involontaires résultant d’une collision routière, l’enquête s’allonge inévitablement. Les enquêteurs attendent que les victimes se rétablissent suffisamment pour être auditionnées. L’indemnité en cas d’incapacité temporaire de travail (ITT) détermine la qualification juridique retenue : trois jours d’ITT ne produit pas les mêmes conséquences qu’une incapacité de plus de trois mois. Cette attente du rétablissement des victimes peut ajouter plusieurs mois au calendrier global.
Les procédures accélérées et les convocations préalables
Certains conducteurs sortent du commissariat ou de la gendarmerie avec une convocation judiciaire remise directement par l’officier de police judiciaire. Cette pratique, bien que moins systématique, permet de gagner plusieurs semaines en intégrant l’affaire dans le calendrier judiciaire dès le moment de l’audition. Cependant, cette voie reste réservée aux situations clairement établies ou aux infractions nécessitant un traitement rapide.
Dans d’autres cas, la convocation tardive intervient plusieurs mois après la commission des faits. Le conducteur qui croyait en être quitte récupère son permis à l’issue de la suspension administrative, reprend le volant en confiance, puis reçoit la convocation du tribunal ainsi qu’une demande de restitution provisoire du permis. Cette situation, désagréable mais légitime juridiquement, illustre bien la réalité de la procédure pénale française.
Le parcours administratif et médical pour récupérer son permis après la suspension
Une nouvelle clé de compréhension s’impose ici : le conducteur peut tout à fait récupérer son permis avant même d’être convoqué au tribunal. Cette récupération n’annule en rien le jugement à venir ; elle représente simplement la fin de la sanction administrative. Cependant, cette restitution du permis demande une organisation minutieuse et l’accomplissement de plusieurs démarches obligatoires.
Dès que la période de rétention et la décision administrative de suspension sont formellement notifiées, le conducteur a intérêt à anticiper sa récupération. La préfecture considère que la suspension prend fin après accomplissement des délais fixés, mais la restitution du permis demande d’activer les mécanismes administratifs et médicaux appropriés.
Les étapes incontournables : visite médicale et tests psychotechniques
Première étape obligatoire après une suspension liée à l’alcool ou aux stupéfiants : la visite médicale auprès d’un médecin agréé par la préfecture. Cette consultation vise à évaluer l’état de santé général, à détecter tout problème psychique ou physique susceptible de compromettre la conduite sécuritaire, et à prescrire éventuellement le port d’un éthylotest anti-démarrage ou d’autres restrictions. Certains conducteurs sortent de cette visite avec une approbation sans conditions, tandis que d’autres reçoivent des prescriptions spécifiques.
Deuxième étape : les tests psychotechniques. Réalisés dans des centres spécialisés agréés par la préfecture, ces tests évaluent les réflexes, la concentration, la perception des dangers et les capacités cognitives. Ils durent généralement entre quarante-cinq minutes et une heure. Le conducteur doit obtenir une note minimale pour valider cette étape. En cas d’échec, une seconde tentative est possible après quelques jours ou quelques semaines.
Troisième étape : la demande de restitution du permis via le site officiel de l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés). Cette démarche en ligne requiert de télécharger les documents justificatifs, notamment les résultats de la visite médicale et des tests psychotechniques. L’ANTS traite généralement cette demande sous quinze jours et délivre un nouveau permis de conduire.
L’anticipation joue un rôle décisif. Commencer les démarches médicales trois mois avant la fin de la suspension administrative permet d’éviter toute interruption du droit de conduire. Un conducteur qui procrastine verra sa restitution retardée, cela même si la période administrative est techniquement terminée.
Possibilité de stage de sensibilisation à la sécurité routière pendant la suspension
Un avantage souvent ignoré : il est possible de participer à un stage de sensibilisation à la sécurité routière dès le début de la suspension administrative, voire même avant si le conducteur souhaite anticiper. Ce stage, d’une durée de deux jours, permet de récupérer jusqu’à quatre points sur le permis de conduire. Pour un conducteur suspendu après avoir perdu de nombreux points, ce stage peut s’avérer déterminant pour préserver la validité du permis.
Monsieur T., qui avait déjà perdu cinq points avant sa suspension liée à un excès de vitesse, a participé au stage dès le mois suivant sa suspension. La récupération de quatre points lui a permis de conserver son permis avec un solde positif, plutôt que de se voir invalider complètement le permis mois plus tard.
Délais de Convocation au Tribunal
Suspension du permis de conduire – Processus complet
La sanction judiciaire et l’imputation de la durée de suspension : démêler les enjeux juridiques
Après plusieurs mois d’attente, le courrier du tribunal arrive enfin. Cette convocation judiciaire ouvre une phase nouvelle, celle du jugement proprement dit. Contrairement à ce que nombreux conducteurs croient, l’absence de convocation rapide n’annule pas l’infraction. Le droit de l’administration à poursuivre demeure entier durant une période de prescription, cette dernière variant selon le type d’infraction.
Pour les contraventions, le délai de prescription s’étend sur un an. Pour les délits (excès de vitesse au-delà de 40 kilomètres à l’heure, conduite sous alcool, stupéfiants), la prescription s’étale sur six ans. Cependant, chaque acte d’enquête, chaque audition, chaque demande de pièce justificative peut interrompre ou prolonger cette prescription. Un conducteur qui reçoit une convocation quatre ans après les faits n’est donc pas surprenant, puisque la prescription délictuelle s’étend sur six ans.
Le mécanisme de l’imputation de la durée et ses implications pratiques
Un élément clé de la procédure demeure largement méconnu : le principe d’imputation de la durée de suspension. Lorsque le juge prononce une sanction incluant une suspension du permis de conduire, il prend en compte la période déjà accomplie lors de la suspension administrative. Supposons qu’un préfet ait suspendu le permis pour une durée de six mois et que le tribunal juge l’infraction grave suffisant une suspension de huit mois. Dans ce scénario, seuls deux mois supplémentaires s’ajoutent à la sanction, le reste étant considéré comme déjà purgé.
Cette règle d’imputation évite la double peine et garantit une certaine équité. Elle signifie également qu’un conducteur ayant accompli une suspension administrative importante peut sortir de l’audience judiciaire sans restriction supplémentaire si le juge estime que la suspension administrative suffisait. Néanmoins, il arrive fréquemment que le tribunal prononce une suspension complémentaire supplémentaire, obligeant le conducteur à restituer son permis après la convocation.
Madame R., suspendue administrativement pour quatre mois suite à un excès de vitesse important, a reçu sa convocation seize mois après l’infraction. À l’audience, le tribunal a jugé appropriée une suspension de cinq mois au total. Puisque quatre mois avaient déjà été purgés administrativement, seul un mois supplémentaire s’est ajouté. Madame R. a dû restituer son permis pour ce dernier mois, mais a évité une nouvelle suspension longue.
Les alternatives au jugement classique : ordonnances pénales et compositions
Le système judiciaire français propose des alternatives au jugement devant le tribunal de police ou correctionnel. L’ordonnance pénale permet au procureur de proposer directement une sanction sans audience. Si le conducteur accepte cette ordonnance, il paie l’amende proposée et la procédure s’achève ; aucune audience n’est nécessaire. Cette ordonnance peut être notifiée soit lors d’une audience de notification (auquel cas une convocation intervient), soit directement au domicile du conducteur.
La composition pénale représente une autre voie de résolution. Le procureur et le conducteur négocient directement une sanction acceptable des deux côtés. Cela peut inclure une amende, un travail d’intérêt général, ou d’autres obligations, sans jugement formel. Cette procédure abrège considérablement les délais.
Enfin, la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité permet à un conducteur de reconnaître les faits reprochés et de demander une audience rapide pour la détermination de la sanction. Le tribunal, voyant une culpabilité établie, statue alors de manière assez directe. Cette procédure peut accélérer le traitement du dossier de plusieurs mois.
| Type de procédure | Délai moyen avant décision | Nécessité d’une audience | Possibilité de contester |
|---|---|---|---|
| Suspension administrative seule | Décision en 72-120 heures | Non, mesure préfectorale | Recours hiérarchique possible |
| Amende forfaitaire | Notification immédiate | Non requise | Contestation de l’amende |
| Ordonnance pénale | 6 à 12 mois | Parfois, selon modalités | Opposition possible dans le délai |
| Jugement en audience | 12 à 24 mois | Oui, obligatoire | Appel auprès de la cour d’appel |
| Appel après jugement | 10 jours à 1 mois pour audience | Oui, audience d’appel | Pourvoi en cassation possible |
Cas spécifiques et complications : infractions graves et circonstances particulières
Certaines infractions routières engendrent des complications supplémentaires qui allongent considérablement les délais de convocation et de jugement. Ces cas particuliers méritent une attention distincte, car ils influencent directement le calendrier global du conducteur.
Conduite sous influence de l’alcool et des stupéfiants : enquêtes prolongées
Une infraction comme la conduite après consommation de stupéfiants entraîne nécessairement une phase d’enquête étendue. Les forces de l’ordre prélèvent des échantillons biologiques qui doivent être analysés par un laboratoire spécialisé. Ce processus analytique peut s’étirer sur trois à huit semaines selon la charge de travail du laboratoire et la complexité des analyses requises.
Une fois les résultats obtenus et confirmés positifs, l’audition du conducteur intervient. Cette audition, bien plus élaborée que celle d’un simple excès de vitesse, explore les circonstances de la consommation, les habitudes de consommation, la fréquence, les sources d’approvisionnement potentielles. Les enquêteurs documentent mettre ces détails en perspective pour aider le tribunal à évaluer le risque que représente le conducteur et la proportionnalité de la sanction.
Concernant la conduite avec un taux d’alcoolémie positif, l’audition du conducteur intervient souvent plus rapidement, mais des vérifications techniques sur l’appareil d’alcoométrage utilisé peuvent retarder l’enquête si le conducteur conteste les mesures.
Accidents avec blessures : la complexité des investigations
Les infractions liées à des accidents ayant causé des blessures prolongent inévitablement les délais. La qualification juridique dépend de l’indemnité en cas d’incapacité temporaire de travail (ITT) dont souffrent les victimes. Un accident ayant causé une ITT de moins de trois jours reste une contravention grave, tandis qu’une ITT supérieure à trois jours élève l’infraction au statut de délit.
Les victimes doivent d’abord se rétablir suffisamment pour participer aux auditions. Les services de police attendent cette période de consolidation avant de procéder aux interrogatoires. Une victime hospitalisée durant trois semaines puis convalescente plusieurs semaines supplémentaires ne pourra être auditionnée qu’après ce délai. Pendant ce temps, le dossier marque temporairement du pas en attente de ces informations essentielles.
De surcroît, un expert automobile peut être requis pour analyser les circonstances de l’accident, les responsabilités éventuelles dans la chaîne causale. Cette expertise ajoute regularmente plusieurs mois à la durée totale de l’enquête.
Infractions commises loin du domicile et transferts de dossiers
Un conducteur interpellé pour un excès de vitesse ou un taux d’alcoolémie en région parisienne alors qu’il réside en région Occitanie peut voir son audition confiée aux services de gendarmerie ou de police de son secteur de résidence. Le dossier doit être transféré physiquement ou numériquement d’une juridiction à une autre, ce qui ajoute un délai d’une à trois semaines. L’audition intervient ensuite à la convenance des services locaux, souvent deux à quatre semaines après ce transfert.
Cet élément logistique, bien que technique, influence concrètement le calendrier d’instruction du dossier et peut ajouter un à deux mois supplémentaires au délai global.
Vous souhaitez approfondir les conséquences légales d’un contrôle radar ? Découvrez les implications précises d’une détection par radar et comment cela impacte les procédures judiciaires.
Pas de convocation reçue : étapes et vérifications à effectuer proactivement
L’attente se prolonge au-delà des délais normaux, et aucune convocation n’est parvenue. Cette situation génère une angoisse compréhensible, mais elle n’est pas forcément anormale. Plusieurs explications peuvent justifier ce délai supplémentaire, et plusieurs actions permettent de clarifier la situation.
Vérifier l’adresse d’enregistrement auprès de l’administration
Une raison fréquente : l’adresse figurant au dossier de la police est incorrecte ou incomplète. Lors du contrôle, l’adresse donnée par le conducteur a pu être mal notée, mal saisie informatiquement, ou le conducteur a changé de domicile sans en notifier l’administration. La convocation est alors envoyée à l’ancienne adresse et le conducteur ne la reçoit jamais.
La première démarche consiste à contacter la préfecture du département où l’infraction a été commise, en demandant l’état du dossier et en confirmant l’adresse enregistrée. Cet appel téléphonique simple peut révéler un problème d’adressage résolvable en quelques jours.
Contacter le tribunal compétent pour connaître l’état d’avancement
Une fois confirmée l’adresse, le conducteur doit entrer en contact avec le tribunal correctionnel compétent. En effet, certains dossiers demeurent en attente de traitement dans les files d’attente du tribunal sans date d’audience fixée. Un appel direct au greffe du tribunal permet de vérifier si le dossier a bien été reçu, s’il a été enregistré correctement, et si une date d’audience a d’ores et déjà été programmée.
Pendant cet appel, il peut être judicieux de demander si une ordonnance pénale a été envisagée ou si une convocation est imminente. Les services du tribunal peuvent parfois offrir des précisions précieuses sur le calendrier prévisible.
Solliciter l’aide d’un professionnel du droit si le délai s’étire
Si la convocation tarde au-delà de dix-huit mois et que le tribunal ne fournit aucune explication satisfaisante, l’intervention d’un avocat spécialisé en droit routier devient pertinente. Cet avocat dispose d’accès privilégiés aux dossiers judiciaires et peut accélérer les démarches, notamment en menaçant un recours contentieux pour violation du droit à un délai raisonnable.
Il importe de noter que aucune obligation légale n’oblige le tribunal à convoquer le conducteur avant l’expiration de la prescription. Tant que cette période subsiste (un an pour les contraventions, six ans pour les délits), le tribunal peut théoriquement envoyer une convocation. Cependant, une attente déraisonnable outrepassant largement les délais habituels peut justifier un recours contentieux.
La réception tardive après récupération du permis : une situation fréquente mais légitime
Un scénario particulièrement déroutant se produit régulièrement : le conducteur a récupéré son permis après la fin de la suspension administrative, il a circulé durant plusieurs mois sans souci, puis une convocation judiciaire arrive subitement. Le tribunal demande alors la restitution du permis pour la durée complémentaire fixée par le jugement.
Cette situation, bien que pénible pour le conducteur, demeure juridiquement valide. La convocation tardive n’annule ni n’invalide la procédure judiciaire. Le conducteur doit se présenter à l’audience et, si une suspension complémentaire est prononcée, il restitue son permis pour cette durée restante. On parle couramment du « reliquat » de suspension, c’est-à-dire la portion de suspension judiciaire qui n’avait pas été accomplie lors de la suspension administrative.
Anticiper ce risque constitue une bonne pratique : plusieurs mois après la récupération de son permis, il demeure judicieux de conserver une vigilance, en vérifiant régulièrement sa correspondance courrier et numérrique.
Calculateur de Délai de Convocation
Suspension de permis de conduire
Un dernier conseil pratique : conserver tous les documents relatifs à l’infraction, à la suspension, à la visite médicale et aux tests psychotechniques. Ils s’avéreront indispensables lors de la comparution judiciaire et justifieront les démarches effectuées en temps opportun.
Stratégies de défense et préparation à l’audience judiciaire : mettre toutes les chances de son côté
Après avoir navigué les délais administratifs et l’attente de la convocation, arrive la phase cruciale : l’audience judiciaire elle-même. Cette comparution n’est pas une simple formalité ; elle offre l’opportunité de présenter une défense cohérente et d’influencer la décision du tribunal sur la sanction définitive.
Constituer le dossier de défense et préparer les preuves justificatives
Dès réception de la convocation, le conducteur doit rassembler tous les éléments probants susceptibles d’influencer le jugement. Ces éléments incluent les certificats attestant la participation à un stage de sensibilisation à la sécurité routière, les relevés d’antécédents montrant un historique généralement irréprochable, les lettres de recommandation d’employeurs ou de la communauté locale attestant du caractère fiable du conducteur.
Pour une infraction liée à l’alcool, démontrer qu’il ne s’agissait d’une consommation exceptionnelle peut influencer la sentence. Des témoignages d’amis, de famille ou de professionnels de la santé attesteront cette singularité. Pour un excès de vitesse, justifier les circonstances particulières ayant pu causer ce dépassement peut également émousser la culpabilité perçue par le juge.
Consulter un avocat spécialisé en droit routier avant l’audience
L’intérêt d’un avocat spécialisé en droit routier ne peut être surestimé. Cet expert connaît les stratégies efficaces devant le tribunal, les éléments de jurisprudence favorables, les questions à poser au procureur et au juge, et surtout, la façon de présenter les faits pour obtenir la sentence la moins sévère possible.
Un avocat peut négocier avec le procureur avant l’audience afin de parvenir à un accord sur la sanction. Cette négociation peut aboutir à une suspension moins longue, une amende réduite, ou l’abandon de certaines accusations. Sans cette médiation, le conducteur comparaît sans préparation stratégique et risque une sentence maximale.
Demander un délai raisonnable avant l’audience si cela s’avère nécessaire
Il n’est pas obligatoire de comparaître la première date proposée si le conducteur n’est pas prêt. Demander un report auprès du tribunal, en justifiant un besoin de préparation supplémentaire ou la mobilisation d’un avocat, est une démarche courante et généralement acceptée. Le tribunal peut accorder un délai de deux à quatre semaines supplémentaires.
À l’audience, une démonstration claire de la prise de conscience de la responsabilité, la présentation d’excuses sincères, et l’engagement envers une conduite future irréprochable influencent favorablement le jugement. Les juges apprécient les signes de rédemption et de maturité face à l’erreur commise.
Puis-je conduire si je reçois une convocation judiciaire après avoir récupéré mon permis ?
Non, vous devez cesser de conduire après réception de la convocation si le tribunal demande la restitution de votre permis. Ignorer cette demande constitue une violation grave. Cependant, jusqu’à la réception de cette convocation, vous pouvez circuler normalement puisque la suspension administrative a pris fin.
Y a-t-il un délai limite pendant lequel le tribunal peut me convoquer ?
Oui, le délai varie selon le type d’infraction : un an pour les contraventions et six ans pour les délits. Cependant, certains actes peuvent interrompre ou prolonger ces délais de prescription. Un conducteur peut théoriquement être convoqué jusqu’à l’expiration de ces périodes.
Que se passe-t-il si je ne me présente pas à l’audience judiciaire ?
Le tribunal rendra une décision par défaut, généralement plus sévère que si vous aviez comparé. Cette décision est exécutoire et vous recevrez un avis de restitution du permis pour la suspension prononcée. Une absence sans motif légitime peut également entraîner des poursuites supplémentaires.
Est-il possible de contester le délai d’attente prolongé avant ma convocation ?
Oui, si le délai dépasse largement la moyenne (plus de dix-huit à vingt-quatre mois), vous pouvez saisir le tribunal d’un recours pour violation du droit à un délai raisonnable. Un avocat peut vous aider à formaliser ce recours et à demander une ordonnance d’accélération.
La suspension administrative de mon permis compte-t-elle entièrement si le juge prononce une sanction plus sévère ?
Oui, le principe d’imputation s’applique : le juge prend en compte la durée déjà accomplissable lors de la suspension administrative et ne prononce que les mois complémentaires. Si votre suspension administrative est déjà égale ou supérieure à la suspension judiciaire prévue, vous n’effectuez aucune durée supplémentaire.
Salut, moi c’est Etienne créateur de Vision-automobile.com et passionné de mécanique depuis mon plus jeune âge. J’ai exercé pendant 20 ans comme garagiste du coup, je sais de quoi je parle haha 😉. Mon objectif ? Partager mes connaissances acquises sur le terrain et vous accompagner dans toutes vos problématiques automobiles. De la mécanique aux démarches administratives, en passant par l’entretien et les nouveautés du marché. Je mets mon expérience à votre service dans des articles/vidéos dédiées. N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions, sujets auto/moto sur lesquels vous souhaitez échanger.
À bientôt !

